La Dernière Femme sur Terre (1960)

Si on devait donner une idée de ce qu’est La Dernière Femme sur Terre, on se contenterait de dire que le légendaire Roger Corman est à la réalisation et à la production et qu’il laisse s’exprimer ses plus grands talents : faire des économies de bouts de chandelles et déclarer « ce film est terminé » avec dans les mains ce qui ressemble à un brouillon difficilement récupérable. Chapeau l’artiste.

The Last Woman on Earth la derniere femme sur terre ROGER CORMAN 1960

L’histoire :

Ils sont trois, deux hommes et une femme, partis faire de la plongée sous-marine. Quand ils sortent de l’eau, tout le monde est mort, emporté par une inexplicable coupure d’oxygène. Avec leurs bouteilles, ils regagnent la rive et organisent leur survie en prenant peu à peu conscience de cette situation épineuse : on est deux gaillards, et notre amie, Evelyn, ou « Ev » comme on l’appelle, pourrait bien être la dernière femme sur Terre, the “last woman on Earth”. Ça va mal finir cette histoire.

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Autour du Film :

The Last Woman on Earth n’est pas la réponse à The Last Man on Earth, sorti 4 ans plus tard comme adaptation officielle du roman de Richard Matheson, disparu quelques jours avant la rédaction de ces lignes. Celui-ci n’a rien à voir, à part une étonnante similitude des scènes finales, étant donnée la chronologie des sorties de ces films.

La Dernière Femme sur Terre last woman on earth last man on earth

La Dernière Femme sur Terre a été tourné avec les décors et les acteurs d’un autre film, La Créature de la Mer Hantée. Pour ceux qui l’ont vu, on ne les félicite pas, et surtout on comprend leur surprise : faire un film avec les restes de ce navet, c’est comme essayer de faire un plat uniquement avec des croutes de pizza.

Ce qui a mal vieilli :

  • Un habillage musical absurde Oui, « habillage », tant on peine à parler de musique de film dans ce cas. Si le cinéma est une illusion qui nous permet, entre autre, d’intégrer une musique pertinente à une scène, le fond de musique d’ascenseur qui a été ajouté à ce film donne l’impression qu’il y a plusieurs sources sonores et que ce jazz easy-listening provient de chez le voisin tant il parait inconcevable qu’une scène aussi mal jouée puisse être couverte par une musique aussi merdique. Dès la 9ème minute, on le comprend, Corman n’a pas pris la peine de voir son propre film.
  • Une petite déception quand on comprend qu’on est parti sur un triangle amoureux Tout part si bien avec cette idée de survie apocalyptique. Mais très vite, trop vite, on comprend que l’histoire va graviter autour des problème de cette équipe bancale (et que cette gonzesse va être un nid d’emmerdements).
  • Il est interdit de surjouer à ce point depuis les années 1930 A l’époque de Boris Karloff, l’école des planches, on pardonnait. mais cette scène durant laquelle les personnages, encore groggy par le manque d’oxygène, réalisent dans l’euphorie qu’ils sont cernés par des plantes vertes, c’est un poil trop. Non, en fait, c’est carrément trop.

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3 raisons de le voir quand même :

  1. Une bonne idée d’histoire, malgré tout : Oubliés les météorite qui frôlent la terre et qui flinguent les systèmes électriques, balayés les virus et les invasions de zombies : un quart d’heure sans oxygène, et on compte les survivants.
  2. Des dialogues honnêtes : on imagine mal comment Corman a pu tenir plus de 30 minutes avec une intrigue aussi légère. Mais au final, les confrontations entre les protagonistes sont assez bien nourries pour qu’on ne regarde pas trop sa montre. Ceux qui ont vu La Créature de la Mer Hantée savent que ça n’a rien d’évident.
  3. ça dure une heure : à peine plus qu’un épisode de Lost, mais beaucoup plus compréhensible.

La Dernière Femme sur terre, bande annonce :

Fiche artistique :

The Last Woman on Earth – 1960 (ETATS-UNIS)
réal : Roger Corman
avec : Betsy Jones-Moreland, Antony Carbone, Robert Towne

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