L’Etoile du Silence (1960)

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Le bloc soviétique, c’était avant tout du travail d’équipe. Et quand on met des Polonais à bosser avec des Allemands de l’Est, on peut s’attendre a avoir du bel ouvrage. L’Etoile du Silence n’échappe pas à la règle. Parce qu’autant la RDA n’était pas forcément au top pour faire des bagnoles décentes, autant pour d’envoyer une fine équipe sur Vénus il y avait du monde. Attention Messieurs Dames, super-production :

L’histoire :

etoile du silence 1960

Alors qu’est-ce qu’on apprend ? Cette météorite qui s’est écrasée dans le désert de Gobi au début du siècle n’était pas du tout une météorite mais un machin extraterrestre! D’où ça peut bien venir? Ça vient pas du coin de Mars et c’est pas trop le genre de Mercure d’envoyer ses merdes par chez nous. A tous les coups c’est Venus. Allez, dans le doute, on envoie une équipe là bas, et on verra bien. Sauf que sur le chemin, on décrypte les messages trouvés sur le lieu du crash et il semblerait bien que les Vénusiens ont comme projet de nous bousiller. Merde. On l’avait pas vue venir celle-là.

Autour du film :

La version originale du film place l’action en 1970, soit 10 ans après la sortie du film. La version américaine, un peu plus au jus de ce que fout la Nasa, ajoute une petite quinzaine d’années pour faire démarrer l’action de L’Etoile du Silence en 1985. L’année de Retour vers le futur. Bien joué.
Par ailleurs, la version US, en plus de virer les éléments « politiquement sensibles » de l’œuvre, a inversé les rôles des Russes et des Américains et a fait du Polonais un Français, carrément, le Pr. Durand (pourquoi se faire chier?)

Ce qui a mal vieilli :

  • Un robot particulièrement à chier
    Il s’appelle Omega, il peut prévoir la météo des 10 prochaines heures et il touche sa bille aux échecs. Déjà, on est bien, mais sachez que ce truc monté sur chenilles va devenir dingo à un moment du film, se transformant en messager de la mort hors de tout contrôle. Je pense que je vous l’ai bien vendu, là.

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  • Un montage passible de prison
    Difficile d’incriminer directement Kurt Maetzig puisque la version « américanisée », si l’on en croit les commentateurs sur Internet Archive, a été copieusement allégée de sa teneur en « guerre froide ». Le Wikipedia allemand est plus précis, les références à Hiroshima et au décès de la mère de l’héroine japonaise dans cette attaque ont été dégagés, du coup, le film perd pas loin d’un quart d’heure dans l’opération et affiche des coupes vraiment vilaines qu’on n’oserait pas faire pour une sex-tape entre copains.
  • Peut-être le champ d’astéroïdes le plus pété de l’Histoire des astéroïdes
    Est-ce qu’en 1960, on appelait « effets spéciaux » une caméra qui bouge et des cornflakes en noir et blanc projetés sur une vitre?

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  • Des noms d’appareils qui insultent le futur
    Parce que le robot minable a peut-être l’air con, mais il a un nom tout à fait respectable, « Omega », c’est passe-partout. Par contre, la fusée s’appelle « Cosmotrator » et la petite annexe qu’on envoie en reconnaissance « l’Elasticopter ». Comme je vous le dis. « Elasticopter ». On parle là de technologie spatiale du futur, quand même.

3 raisons de le voir quand même :

  1. Un casting international digne des plus grandes productions : Déjà, parce qu’un équipage international dans un film de SF, c’est la marque des grands (même si on ne donne pas cher de la peau du black) et parce qu’en 1960, dans le « soft power » communiste, en Allemagne de l’Est, ce film fait figure de vision utopique du futur, ce qui peut suffire à en faire un classique.

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  2. Un subtil mélange de Hard Science et de fantaisie extraterrestre : A première vue, on se sent bien parti pour s’enfiler un remake de Destination Lune, avec une voix off nous briefant régulièrement sur les préparatifs du périple. Mais une fois à proximité de Vénus, on lâche les chevaux, et on s’emballe sur cette mystérieuse civilisation maitrisant comme personne l’électricité (ouais, parce que sur Venus, nos amis vont quand même suivre un câble électrique pour voir s’il n’y a pas du Vénusien au bout).

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  3. L’Etoile du Silence est une adaptation de Stanisław Lem : le plus grand écrivain polonais de SF. Après cette première contribution au cinéma, Lem verra Ikarie XB-1 et Solaris portés à l’écran sur la base de ses écrits. On parle donc là d’un type compétent.

L’Etoile du Silence en entier dans sa version US :

Fiche artistique :

Der schweigende Stern – 1960 (RDA-Pologne)
réal : Kurt Maetzig
avec : Yoko Tani, Oldrich Lukes, Ignacy Machowski, Julius Ongewe, Michail N. Postnikow, Kurt Rackelmann, Günther Simon, Tang Hua-Ta

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