Project Moonbase (1953)

project moonbase

Ce que nous apprend Project Moonbase, c’est que la conquête spatiale est une entreprise longue et ardue, semée d’embûches et de contretemps. Ambitions personnelles, complots, guerres, sont autant d’obstacles à l’essor de l’humanité dans le système solaire. Le monde est vilain tout plein. Aux détracteurs de l’essaimage terrestre aux quatre coins de l’univers (qui en compte paraît-il davantage, dans plusieurs dimensions, en plus, un vrai merdier là-haut), je projetterai ce film, qui les persuadera, je n’en doute pas, de l’absolue nécessité d’envoyer au plus vite nos artistes les moins doués loin, très loin… vraiment hyper loin de chez nous.

project moonbase

L’histoire :

1970. Le futur. Les États-Unis projettent d’établir une base lunaire, au nez et à la barbe des “ennemis du monde libre”, qui l’ont mauvaise. Ni une, ni deux, ces félons enlèvent le scientifique retenu pour intégrer la fine équipe triée sur le volet par le SPACOM, le remplacent par leur espion-sosie et roulez jeunesse. Objectif : détruire la station orbitale ou saboter la mission de survol de la lune. Au choix.

Autour du Film :

Le film, qui doit son script au très recommandable auteur de SF Robert Heinlein (Starship Troopers, Histoire du Futur…), était à l’origine destiné à la télévision, sous forme de série : « Ring Around the Moon ».

Prenant conscience du récent engouement du public pour les films de science-fiction, et du paquet de pognon qu’il pouvait ainsi se faire, le producteur décide de transformer son épisode TV en long métrage. « Bon alors, les gars. Vous allez m’allonger tout ça. Je ne veux pas savoir comment. » Du coup, il y a quelques longueurs. Vous verrez. Robert Heinlein se désolidarisera rapidement du projet. C’est jamais bon signe.

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Si vous avez aimé The Cat-Women of the Moon, vous serez heureux de retrouver la cabine de commande du vaisseau, ainsi que les deux combinaisons gonflables

Ce qui a mal vieilli :

project moonbase fringues
  • Les tenues militaires
    Le look scout short plissé, besace en acier (contre les radiations) et bonnet de lutin… une vraie mauvaise idée.
  • Les “ennemis de la liberté”
    Ils ne sont pas désignés comme tels, mais ils ressemblent quand même pas mal à des Soviétiques. En tout cas, on parle de gens qui ont une réserve d’agents qui leur permettent de disposer de sosies quasi-parfaits des 300 scientifiques les plus en vue des États-Unis. Et qui peuvent en répondre comme si ils avaient la possibilité d’envoyer toutes leurs familles en Sibérie.
  • Le rapport compliqué aux “femmes du futur”
    On sent que les auteurs ont senti le vent du féminisme souffler : dans le futur, il y aura une présidente. Et des femmes à des postes importants dans la conquête de l’espace, à tel point qu’on reproche même à la colonelle d’en être là justement parce qu’elle est une femme. Mais la jeune gradée n’est pas du tout à la hauteur du poste et le reconnait bien volontiers. Les scénaristes se sont clairement dit qu’on verrait bien quand il faudra porter des trucs lourds.

3 raisons de le voir quand même :

  1. Parce que la scène de décollage défonce celle de Destination… Lune (1950). Toujours plus loin, toujours plus fort. Ou comment en faire trop avec pas assez.

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  2. Pour l’excellente idée de l’architecte d’intérieur. Votre bureau est un peu étriqué ? Ne vous en faites pas, installez la chaise de vos invités sur le mur.
  3. Pour la scène de baston au ralenti. En même temps, vous êtes marrants… vous avez déjà essayé de vous friter pendant une accélération de 10G, vous ?
  4. Project Moonbase, la bande-annonce :

    Fiche artistique :

    Destination Moon – 1950 (États-Unis)
    Réalisateur : Richard Talmadge
    Avec : Donna Martell, Hayden Rorke, Ross Ford

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